"SUS AU BLOCUS"
Malgré les barrages et les stations vides, une superbe balade sur les traces de Louis Chevrolet en Bourgogne a ravi 45 équipages européens et suisses.
Préparé
de longue date par un team formé par l'office de tourisme neuchâtelois
montagnes, les membres régionaux du VCCSR et André Rochat comme capitaine la
manifestation s'est déroulée sans encombre et avec le total consentement des
participants qui ont été consultés dans les jours précédents le départ au
vu des problèmes encourus sur territoire français par absence de carburant et
risque de blocage routier. Disons-le d'emblée, un accueil enthousiaste a été
réservé par la population des localités traversées ainsi qu'aux arrêts
visites "coup de cur" sur le territoire de la Gaule, la diversion du
passage du rallye dans la morosité ambiante détendant finalement l'atmosphère
Partis de bon matin vendredi de La Chaux-de-Fonds, ville natale de Louis
Chevrolet, 45 magnifiques autos venues de Belgique, France, Allemagne, Autriche
et de toute la Suisse ont rapidement traversé la frontière au Col France
escorté par l'assistance emportant une réserve de carburant garantissant
l'autonomie de toute la caravane. Un véhicule Chevrolet moderne ouvrait
d'ailleurs la route une heure avant la cohorte permettant d'assurer le passage
sans encombre sur le
tracé historique prévu. Contournant Pontarlier, autrefois berceau de
Donnet-Zédel, c'est vers Arbois cité natale de pasteur dans son écrin de
vignes que s'est poursuivie la route à travers le département du Jura pour
remonter par une route communale
semblable
au petit chemin qui sent la noisette de la chanson de Mireille et s'arrêter
autour de la chapelle vieille de 500 ans de Chamole pour découvrir les
spécialités fromagères de la maison Pianet vendues uniquement par
correspondance dans toute la France et savoureusement présentées par le
fondateur de l'entreprise qui occupe aujourd'hui sa retraite en préservant les
vieilles pierres des maisons de son village. Cette première visite a beaucoup
plu aux participants qui rechignaient à repartir, promettant de revenir avec
d'autres amis. La descente vers Poligny par une route pittoresque a permis aux
photographes de mettre en boite de superbes clichés.
On a des idées et même du pétrole, c'est le
miracle constaté à la pause du repas de midi à Mantry au bord de la N 83 car
la station jouxtant le restaurant permettait après quatre jours sans livraisons
de fournir de la SP 98. En revanche plus de gazole depuis longtemps. Nous avons
donc rempli les réservoirs des anciennes qui n'en demandaient pas tant.
L'arrivée en plaine de Saône-et-Loire coïncide avec les grandes lignes
droites à perte de vue qui mènent à Pierre-de-Bresse dont la caravane envahit
le parc du château, décor de rêve pendant que les équipiers visitent
l'écomusée de la bresse bourguignonne. Un public local conquis immortalise
l'événement dans une ambiance détendue discutant avec les chauffeurs qui ne
manque pas de montrer les entrailles de leur machine. C'est aux portes de
Verdun-sur-le-Doubs que se dresse le premier barrage filtrant qui admire au
passage les belles voitures en route vers Beaune dont le passage touristique a
été expliqué auparavant par l'estafette avancée aux artisans et routiers en
grève qui filtrent le passage. Quelques kilomètres plus loin le même épisode
se
reproduit
permettant d'engranger quelques souvenirs supplémentaires. Le chef-lieu de la
Cote d'Or voit arriver la colonie au complet vers dix-huit heures avec la
dépanneuse et la voiture balai heureusement vides.
Rafraîchis et habillés de neuf, la centaine de participants gagne le centre
ville en car pour la photo souvenir devant la maison qui abrita la famille
Chevrolet en compagnie du maire de Beaune, M. Sugenot conquis par notre
hardiesse à venir malgré les événements découvrir la bourgogne aux portes
des vendanges. Des projets de musée Chevrolet sont même à l'étude, affaire
à suivre ! . Une dégustation commerciale dans les plus grandes caves
bourguignonnes s'ensuit avec un dîner aux chandelles qui soude l'amitié entre
les anciens participants, le LCE en est à sa quatrième édition, et les
nouveaux rapidement intégrés car les sujets de discussion ne manquent pas
entre gastronomie et antiquités motorisées.
A moto, en voiture Abarth ou en avion le choix
est vaste lors de la visite de samedi matin du musée de
Savigny-les-Beaune qui présente au cur du vignoble une multitude d'engins
anciens souvent conservés dans leur "jus". La route reprend par
d'autres rectilignes libres de barrages et la sérénité gagne les plus
septiques. Au beau milieu d'une ligne droite qui sépare une forêt dense un
roadster MG B est en panne, victime d'un joint de culasse qui a eu trop chaud
sous la canicule qui perdure car depuis le départ nous roulons sous une
tempête de ciel bleu ! . La dépanneuse charge promptement l'infortunée
anglaise pendant que son conducteur poursuit sa route comme passager dans une
autre ancienne pour rester dans l'esprit rétro.
La
cité jurassienne de Mouchard accueille la compagnie de ces 45 voitures pour le
repas pendant que le public local prévenu du passage du rallye par le journal
local s'en met plein les yeux. Revenus aux pieds des plissements du massif du
Jura la route grimpe dès Salins pour se diriger vers Ornans sur les bords de la
Loue chère au peintre Gustave Courbet. Les terrasse ombragées plaisent aux
participants qui s'attardent et se désaltèrent puis repartent poussés par la
voiture balai de manière à respecter l'horaire et arriver en suisse enfin
d'après-midi au Col-des-Roches pour la visite des moulins souterrains.
Retour vers la métropole horlogère pour parquer sagement les véhicules à
l'intérieur pour la nuit pendant que se déroule
une folle soirée sur les hauteurs de Pouillerel à la ferme du Gros-Crêt
au-dessus de la cité du Corbusier dont les journées du patrimoine permettent
la découverte des premières réalisations du grand architecte. Décidément La
Chaux-de-Fonds est le berceau de grands nom du siècle qui s'achève dont Blaise
Cendrars complète le tableau. C'est d'ailleurs par une évocation littéraire
humoristique accompagnée de photos originales de la vie de Louis Chevrolet que
la soirée a passé très vite aux dires des acteurs de cette saga aux sons d'un
orchestre de jazz "New Orléans". Transportés par plusieurs autobus
les joyeux fêtards ont retrouvés leur hôtel en douceur, détail apprécié
par beaucoup de participants qui ont été sensibles aux sollicitudes des
organisateurs à leur égard.
La place du marché cède son périmètre
dimanche de bon matin à l'équipe qui met en place le podium de présentation
pour le concours d'élégance et toutes les infrastructures nécessaires au
déroulement professionnel de la présentation. Parmi les banderoles
publicitaires figure en bonne place celle de votre hebdomadaire favori la RA /
AR qui offre son dernier numéro gratuit dans les éditions allemandes et
françaises qui s'échangent rapidement parmi le public. Les médias sont
d'ailleurs présents en force et une équipe de la TV alémaniques tourne
d'ailleurs un reportage diffusé le soir même dans l'édition du téléjournal.
A dix heures précises débute le concours d'élégance auquel participent 75
véhicules
rutilants commentés par votre serviteur en costume d'époque. Cet
effectif se trouve augmenté par le renfort de 2 clubs, le Swiss Corvair Club et
les Friday Night Cruisers, fidèles depuis l'an dernier. Depuis la Chevrolet 490
née en 1919, et présentée par son pilote haut en couleur dont la barbe
dressée en moustache attire la sympathie du public nombreux venu se faire
plaisir par ce matin radieux, à la Corvette 2000 trois quarts de siècle ont
conquis par leurs atours et déclenché des salves d'applaudissements. La saga
Chevrolet s'est égrenée avec des Master, Corvair à moteur arrière, Corvette
des cinq générations entourées de Camaro et autres Chevelle, Impala qui
rivalisait en taille avec un camion de la marque. Pour panacher la fête,
d'autres marques ont
étoffé le plateau ayant pour nom Fiat 1100 "Mille
Miglia" 1948 en état concours, Delage, Opel, Citroën ou plus exotique
avec l'AC Bristol " Satail" réalisation artisanale de 1963 d'un
participant régional.
Le clou de cette journée et du rallye, la parade sur le "Pod",
véritables Champs-Elysées locaux, a dans un concert de Klaxons tonitruants
annoncé la mi-journée avec ses deux tours de piste avant de reprendre
possession de la place du marché pendant que les équipages prenaient leur
repas en plein air prouvant que même à mille mètres d'altitude l'été
existe. Vers 14h 30 la proclamation du palmarès a mis un terme à la trilogie
entamée vendredi matin. Certains ont même demandé aux organisateurs de
continuer lundi en direction du Jura puis de l'Alsace en guise de merveilleux
compliment envers de l'équipe de douze personnes qui a encadré les équipages
au long des trois jours. Alors rendez-vous le deuxième week-end de septembre en
2001 ?
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