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Livre
de bord

LCE 2001, contre pluie e(t)vent…
Le 5ème Louis Chevrolet Event a tenu le cap malgré une météo exécrable.
L'accueil chaleureux des Ajoulots n'y est pas étranger. Chronique de 3 jours
mémorables.
Le caractère international s'est affirmé avec la convergence de véhicules
venus des Pays-Bas, d'Allemagne et de France rassemblés avec les participants
suisses vendredi matin 7 septembre sur la place Le Corbusier à La
Chaux-de-Fonds. 45 voitures construites entre 1929 et nos jours ont quitté la
ville natale de Louis Chevrolet après un accueil personnalisé dans les locaux
de l'office de "Tourisme Neuchâtelois Montagnes". Une pluie
diluvienne a copieusement arrosé le départ vers le pays de Montbéliard.
Malgré la descente des Enfers (!), traverser le Doubs à Soubey a séduit les
équipages qui ont admiré le petit coin de paradis au fil de la rivière qui
baigne St-Ursanne. Entre-Temps un Pick-up Chevrolet victime d'une boite à
vitesse récalcitrante rebroussait chemin jusqu'à Morges. Son chauffeur a
sagement changé de monture et retrouvé le soir même la caravane à Porrentruy
avec sa Nash. Un premier passage en France longe le Doubs, puis une petite route
tortueuse et étroite prend un peu de hauteur avant de revenir en Suisse pour
une pause à Réclère. Le ciel ne pleure plus et laisse entrevoir des parcelles
d'azur. C'est le moment choisi par une Rosengart pour casser son vilebrequin et
attendre la dépanneuse sur le bas côté. Promptement chargée, elle poursuit
sa route prenant un peu de hauteur sur le pont du camion. Son chauffeur ne se
départit pas de sa légendaire bonne humeur promettant dès son retour le
dimanche soir de déposer le moteur pour le remplacer par un groupe similaire
gardé en réserve "au cas où". Rouler en ancienne se mérite, les
heures de mécaniques alternant avec le bonheur au volant…
Les abords du musée de l'Aventure Peugeot sont investis peu avant 13 h. Le
repas se déroule au cœur du musée pour la plus grande joie des visiteurs.
Ensuite la visite épate à nouveau car la qualité de la présentation est de
haut niveau. Le décor met en scène les véhicules dans leur époque de
construction avec musiques et accessoires assortis. Beaucoup ignoraient que la
marque sochalienne avait produit une foule d'objets éloignés de l'automobile
telles les crinolines, les outils dentaires, machines à coudre, moulins à
café et à poivre...
La route revenait ensuite vers l'Ajoie pour continuer sur les traces de Louis
Chevrolet et faire halte dans sa commune d'origine à Bonfol. La population du
lieu a pris un plaisir évident à admirer les belles voitures portant le
patronyme de leur illustre citoyen. C'est ensuite au tour de la ville de
Porrentruy de se réjouir au passage des voitures dans la vieille ville. La
réception offerte par les autorités a permis à la population de côtoyer les
membres du rallye. Les équipages répartis à Porrentruy et dans les villages
environnants ont passé la soirée dans leurs hôtels respectifs tout en
dégustant un menu typique.
Culture, agriculture et présentation des voitures ont occupé la matinée de
samedi. Sous la houlette de guides, les vieilles demeures bruntrutaines ont
dévoilé leurs charmes avant que le tour des voitures ne vienne. Le club des
Véhicules Anciens du Jura (VAJ) avait mis les petits plats dans les grands en
montant un podium permettant de mettre en valeur les voitures présentées par
le soussigné au public avec un commentaire personnalisé. La logistique mise en
place avec le soutien total des autorités, police et commerçants de Porrentruy
laissera un vif souvenir aux participants. Après une dizaine de kilomètres,
une autre fête s'ouvrait au LCE à Grandfontaine.
L'arc jurassien prend conscience de son patrimoine et de ses illustres enfants…
Le parking accueillant le rallye a été baptisé "Espace Louis
Chevrolet". Ce lieu verra se construire un hangar abritant les anciennes
machines, tracteurs et charrues restaurées par les habitants du lieu. Un repas
campagnard savoureux a rempli les estomacs avant les démonstrations. En effet,
les Vieilles Traditions de Grandfontaine organisaient leur troisième biennale
dédiée cette année aux labours. Un des instigateurs n'a pas hésité à
dresser pendant de longs mois deux jeunes bœufs obéissant à la voix pour
labourer les sillons comme il y a un siècle. Ensuite par tranche de 10 ans
l'évolution de la mécanisation a défilé devant le public abrité hélas sous
les parapluies. Le ciel a cruellement manqué de "fair-play" envers
les 350 habitants du bourg unis dans une fête préparée de longue date.
Retour en France pour suivre à nouveau le cours du Doubs avant de gagner les
hauteurs du plateau de Maîche puis retrouver les bassins du Doubs en suisse aux
Brenets. Sous la bruine et le bise glaciale se déroule une concentration
d'anciens bateaux à vapeur glissant en silence sur la rivière enchantée.
L'arrêt est abrégé par le climat mais l'attractivité de la manifestation n'a
pas échappé aux acteurs du LCE 2001. Parquées à l'abri à La Chaux-de-Fonds
les voitures abandonnent leurs occupants qui vont rejoindre le Musée
International d'Horlogerie pour la soirée de gala. Après une trop courte
découverte des collections, beaucoup ont promis de revenir, le repas démarre
aux sons d'un orchestre de jazz délirant. Le batteur et ses "solos"
loufoques ont mis en verve toute la salle garantissant un moral inversement
proportionnel au déluge céleste qui noie la cité horlogère. L'équipe
d'organisation peaufine dans l'ombre un programme "au sec" pour la
présentation du concours d'élégance du dimanche la mort dans l'âme…
Miraculeusement dimanche matin le ciel bleu est au rendez-vous avec une brise
fraîche il est vrai. Le cadre traditionnel de la place du marché peut assurer
le décor comme à l'accoutumée pour le plus grand plaisir du staff. Un public
fidèle est présent au centre de l'arène réservée à la présentation
détaillée de chacune des automobiles et camions. C'est d'ailleurs devant un
superbe Saurer 1934 que le tapis vert accueillant les véhicules est tendu. A
10h tapantes, précision horlogère oblige, débute le défilé de 55 véhicules
applaudis à leur juste valeur. Les détails des commentaires ont été pris à
la source auprès des propriétaires des véhicules et dans ma documentation
personnelle. Une soigneuse préparation m'a permis de présenter chaque
véhicule presque sans recourir aux notes… un challenge personnel relevé avec
plaisir. La vaste saga de l'Automobile a été parcourue pendant une heure et
demie en évitant les foudres du ciel. En fin de présentation officielle, une
dizaine de voitures appartenant à des clients d'une assurance sponsor se sont
joint pour la parade sur le "Pod", la grande avenue traversant la
ville. Escortés par la police municipale pendant les deux tours, les
automobiles ont paradé devant un public conquis. La tour "Espacité"
a accueilli au 14ème et dernier étage le repas de clôture ponctué par une
remise des prix très joyeuse sous les commentaires humoristiques d'André
Rochat qui pilote la manifestation depuis ses origines. La qualité des
prestations offertes, unanimement soulignée par les nouveaux participants,
était la raison de la présence des anciens malgré une météo qui faisait
tout pour décourager les plus aguerris. Alors rendez-vous le deuxième week-end
de septembre 2002 ?
Texte : Jean-Marc Kohler
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